Polanski, président des Césars : plus qu’une erreur de casting.

Introduction éditoriale d’Etik Mag :

Tribune Etik offre une parole libre autour d’un questionnement éthique à un invité, chaque mois. Le billet de Jean-Yves Boitard date du 22 janvier 2017. Diverses pétitions circulaient alors, demandant la destitution de Roman Polanski en tant que Président des Césars 2017. L’une d’elles a recueilli 61 761 signatures. Au final, Roman Polanski a annoncé qu’il ne présiderait pas les Césars le 24 février 2017.


« Nul besoin d’être féministe, pro féministe, cinéphile, juriste ou je ne sais quoi pour comprendre que le choix fait par l’Académie des Césars de nommer Roman Polanski président de la cérémonie 2017 est une grave erreur.

Peu importe qu’on apprécie ou non sa filmographie et son travail.
Pourquoi ?
Parce que ce n’est même pas son œuvre cinématographique qui est mise en valeur ici.
C’est un rôle et un statut honorifique qui lui est accordé.

Or, Polanski est un fugitif. Et ce n’est pas parce qu’il serait réfugié politique.

Pourquoi est il en planque ? Car depuis 1977, Roman Polanski est toujours poursuivi pour crime sexuel sur une mineure de 13 ans. La victime avait été sélectionnée pour une séance de prise de vues pour le magazine Vogue.

Durant la séance, Roman Polanski lui fait boire du champagne avec un sédatif, le méthaqualone, avant de la contraindre à un rapport anal. Polanski sera alors incarcéré pendant 47 jours. Il plaidera coupable pour rapports sexuels illégaux avec un mineur en échange de l’abandon des charges plus graves de viol, de sodomie et de fourniture d’alcool et de drogue à un mineur, en accord avec le juge.

Polanski partira ensuite en Grande-Bretagne puis en France, dont il possède la nationalité . Comme d’autres États, la France refuse généralement l’extradition de ses citoyens. Sous le coup d’un mandat d’arrêt américain lancé en 1978, il ne revient jamais sur le sol américain.
Interpol rappelle aux États qu’une notice rouge concernant Roman Polanski est toujours en vigueur, et qu’il est toujours considéré comme fugitif.
Désormais, les trois pays où Polanski peut circuler librement sont donc la France, la Pologne et la Suisse.

La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol , a fustigé ce choix du réalisateur pour présider la cérémonie people & cinéma.

Invitée sur France Culture, la ministre du Droit des femmes a jugé choquant le choix qu’a fait l’Académie des arts et techniques du cinéma .

« Je trouve surprenant et choquant que l’histoire d’un viol dans la vie d’un homme ne pèse pas », a déclaré Mme Rossignol.

« C’est un choix qui témoigne, de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des Césars, d’une indifférence à l’égard des faits qui lui sont reprochés », a-t-elle estimé.

« En fait, ce n’est pas grave, pour les organisateurs, que Roman Polanski soit poursuivi aux États-Unis et ait à son actif le viol d’une enfant de 13 ans.Cette décision s’inscrit dans une espèce de banalité à l’égard du viol« .

Quant au « milieu du cinéma », à part quelques voix inaudibles, la plupart des comédiens ou réalisateurs contactés par la presse ont refusé de répondre, certains avouant leur partialité du fait de leur amitié avec le réalisateur ou son épouse, comédienne.

« Personne ne veut dire du mal de Polanski parce qu’il est une icône et que tous les acteurs rêvent de tourner avec lui « , indique anonymement un professionnel du cinéma.

« Si un comédien le critique, il va passer pour un traître dans le milieu« , confie le représentant de plusieurs acteurs importants. « S’élever contre le choix du président des Césars 2017 reviendrait à attaquer l’Académie. »

Ah oui …. c’était il y a longtemps, ça ne compte plus, j’avais oublié !
Super, non !
Bien ouèje.
A vomir. »

Auteur : Jean-Yves Boitard

 

 

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