Lobby de la viande : quand Goliath porte plainte contre David

Le 10 février 2017, 100 frondeurs défient un lobby. Le 23 mai : le lobby contre-attaque.

Commençons par le commencement : d’abord, David défie Goliath.

Les évènements se déroulent à Paris. Plus précisément devant le 207 de la rue de Bercy, dans le 12ème.Plusieurs dizaines de militants sont alignés, debout,dans le froid, sur le trottoir. Chacun d’eux tient devant son torse une pancarte. « Élevage, esclavage ! Interbev, assassin ! » martèlent-ils en chœur.

Au-dessus d’eux, le ciel est plombé, gris. D’autres militants attachent une banderole noire illustrée de visages d’enfants, le long de la rue : « Non au bourrage de crâne ! », peut-on y lire, parmi d’autres slogans et messages.

Bientôt, au bas des trois marches du 207, les militants déposeront deux têtes sanglantes. Les yeux de deux vaches écorchées, éteints à jamais, contempleront la scène.

Pour le moment, debout sur le perron, quatre policiers montent la garde. « Interbev, assassin ! » scandent toujours les militants.

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Lobby de la viande : quand Goliath porte plainte contre David.

Des mots en guise de pierres

Une femme s’avance et prend la parole. Son compagnon, le visage grave, l’assiste, tenant à ses côtés le mégaphone. Les mots s’élèvent vers le porche du 207 :

« Si tu leur disais la vérité, Interbev, les nuits des enfants seraient hantées par le spectre de ces innocents qui expient là-bas, dans la plus affreuse des tortures, pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Mais surtout puisque tu veux venir dans les écoles, tu devrais en passer les portes avec ton terrible cortège.
Avec ceux qui sont morts et meurent chaque jour dans les abattoirs crasseux ; avec tous ces animaux qui survivent dans des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de ceux que l’on mène au couteau, avec les trois millions d’animaux qui trépassent chaque jour pour rien.
Entre dans nos écoles avec ton cortège de victimes pour que les enfants puissent te demander qui ils sont et pourquoi tu les as fait mourir, entre avec le peuple animal né de l’ombre et disparu avec elle.
Si tu veux leur montrer la vérité, fais-les entrer dans ces élevages sordides où les animaux ne font que survivre, dans ces camps de la mort où les animaux n’entrevoient pas la lumière du jour et sont privés de tout.
Fais les entrer  dans ces abattoirs où règne l’odeur nauséabond de la chair meurtrie, où s’élèvent les cris atroces de ces êtres que l’on mène à l’échafaud.
Fais leur entendre la plainte du veau qui ne verra jamais sa mère. »

 

A quoi fait-elle allusion ? Quels enfants ? Pourquoi cette mention des écoles ? Et qui est cette créature mortifère que pointe, avec son mégaphone, la jeune femme ?

Qui est ce David féminin, marqué d’un « 269 », et quelle pierre lance-t-il, à quel Goliath ?

Et que s’est-il passé pour que, le 23 mai 2017, les organisateurs de la manifestation lancent, sur les réseaux, ce cri d’alarme : « Nous avons besoin de votre soutien ! » – précisant que la jeune femme qui tenait le micro est poursuivie pour diffamation.

 

Qu’est-ce qui s’est joué ? Qui sont les protagonistes ?

Qu’est-ce qui est encore en jeu ? Et que faire ?

 

David se lève contre Goliath…

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Lobby de la viande : quand Goliath porte plainte contre David. Le discours de Tiphaine Lagarde.

Elle, c’est Tiphaine.

Cette jeune lyonnaise de 33 ans, enseignante et doctorante en Droit, s’est déjà attaquée frontalement à plusieurs géants. Par exemple, celui du groupe Danone, le 28 mai 2016.

Devenue végétarienne à 15 ans, puis végane à 25, puis activiste, elle dispense aujourd’hui des cours à la Faculté de Droit de Lyon et prépare une thèse sur le thème du droit animal.

 

269 Life Libération Animale

D’abord militante, dès 2015, Tiphaine est devenue, aux côtés de Cirik Ceylan, la coprésidente d’une asso « coup de poing », 269Life Libération Animale, qui pratique beaucoup le happening – et, le plus souvent, le happening « choc ».

 

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Lobby de la viande : Quand Goliath porte plainte contre David. Logo de 269Life Libération Animale : association et sanctuaire.

 

Ce mouvement – dont le nom est le numéro d’un veau sauvé de l’abattoir – est né en Israël en 2012 et est présent aujourd’hui dans 45 pays à travers le monde. D’abord simple collectif citoyen en France, elle est devenue association en fin 2015.

Ses actions secouent les esprits – même dans le milieu jusqu’alors majoritairement nuancé (« welfariste ») de la protection animale.

 

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Lobby de la viande : Quand Goliath porte plainte contre David. Happening choc de l’association 269Life Libération Animale.

 

Durant des happenings très visuels, souvent des mises en scène sanglantes, Tiphaine lit un texte au mégaphone, plus profond, plus philosophique, qui imprègne l’âme.

Ne craignant ni les critiques, ni les incompréhensions, ni les clashes, l’association recherche les chocs – chocs visuels, chocs des sens – et la confrontation directe avec, notamment, les industriels de la filière viande.

Leurs interventions sont postées, parfois en live, sur plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook.

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Lobby de la viande : Quand Goliath porte plainte contre David : action directe de l’association 269Life Libération Animale dans un supermarché.

Antispéciste, c’est quoi ?

C’est refuser la discrimination par l’espèce, et considérer que « le critère de l’espèce n’est pas pertinent du point de vue éthique », comme le disait Tiphaine interviewée en 2016 par Antoine de Caunes pour Canal + :

« Les intérêts d’une poule, d’un cochon, d’un cheval ou d’un être humain doivent être appréciés à la même échelle de valeur. »

Une lutte est toujours liée à une autre :

« Quand on milite pour les animaux, c’est aussi un combat pour les humains. »

 

Racisme et spécisme, par exemple, sont, selon cette spécialiste du Droit, « une même forme de discrimination, deux systèmes d’oppression ».

 

269Life Libération Animale n’est pas un mouvement simplement dédié au mieux-être animal, mais un mouvement, comme son nom l’indique, de « libération ». Il s’agit ici, de façon pure et simple, de faire cesser toute forme d’exploitation animale.

 

Extrémiste ?

« Nous paraissons aux premiers abords extrémistes, c’est notre positionnement sur le « marché des associations ». » disait Alexandre, le porte-parole de l’association, à Végémag.

« Aujourd’hui, des manifestations il y en a partout », a expliqué Tiphaine à BFM-TV dans le reportage titré « Les Ultras de la Cause animale ».

« Si on veut que la question animale surgisse, il faut que nous, on aille plus loin. Un degré au-dessus« .

« Aujourd’hui, avait-elle mentionné à Antoine de Caunes sur Canal +, on vit dans la société de l’image. Il faut choquer. » Et puis, ajoutait-elle, « on ne fait pas descendre 15 000 personnes dans la rue pour les animaux. On est peu nombreux, alors il faut frapper fort. »

Un des actes symboliques du mouvement est par exemple le marquage de militants au fer rouge, sur des lieux publics, devant les passants.

Tiphaine elle-même est passée par ce rite douloureux, et pour elle, significatif.

« Le but est de rendre visible la souffrance animale, expliquait-elle. Par ce geste, on montre qu’on partage un corps avec l’animal – un corps qui souffre. »

 

Risques

Lors du blocage de l’abattoir de Saint-Étienne en la présence des employés, les militants avaient déjà encouru, pour « entrave à la liberté du travail », 1 an de prison et 15 000 € d’amende.

Le coût financier est lui aussi énorme pour une association dont le budget ne repose que sur les dons – alors même qu’il faut faire face aux actions judiciaires menées par des opposants puissants.

Ajoutons à cela les menaces par les représentants de diverses filières d’exploitation animale – voire parfois des agressions physiques. Ce risque est plus élevé depuis que les happenings de rue ont fait place à l’occupation directe de locaux d’exploitation – comme, par exemple, les abattoirs.

Sans oublier l’évacuation, plus ou moins « hâtive », par les forces de l’ordre.

 

Le Goliath d’aujourd’hui, c’est Interbev

Un géant de l’industrie agro-alimentaire

Interbev, c’est « l’Interprofession du bétail et des viandes ». Un géant ? Selon lui-même, oui (1) ! L’association fédère 13 secteurs de la filière « viande et élevage : éleveurs, transporteurs, bouchers, transformateurs… dont elle défend les intérêts. Or, cette filière serait forte de 500 000 emplois « directs ou indirects », et représenterait « 28 % de l’effectif salarié de l’industrie agroalimentaire, premier employeur du secteur agricole ».

L’exploitation animale est très liée à notre économie.

Et cela, bien au-delà de la seule industrie agro-alimentaire.

Pourquoi la France est-elle toujours en retard sur la question de l’éthique animale? demandait Végémag (2) à Alexandre, le porte-parole de 269 Life France, une association distincte de 269Life Libération Animale.

« D’une part par sa « tradition culinaire », avait répondu celui-ci, mais également car Paris est une des capitales « de la mode et du luxe », avec les cuirs, fourrures, et autres matières d’origine animale. Ces activités génèrent une masse de capitaux leur permettant de bénéficier de puissants lobbies. Tout comme les lobbies pharmaceutiques, mais aussi pro chasse et corrida, qui ne font pas honneur à l’élite de notre société. »

Un géant parmi les géants – voilà ce qu’est donc Interbev.

 

Un colosse aux pieds d’argile, pourtant…

Depuis une dizaine d’années, le colosse est devenu moins attirant.

D’une part, de multiples études scientifiques déroulent une liste de plus en plus longue des méfaits de la consommation de la viande – et de l’élevage :

  • Sur la santé. La viande dite « rouge » notamment serait en effet cancérigène, favorisant l’obésité, un taux élevé de cholestérol, et les maladies cardio-vasculaires.
  • Sur l’écologie. L’élevage est polluant. J’avais détaillé, dans un article de mon propre blog, les ravages de l’élevage et de l’industrie de la viande. Par exemple, le fait qu’il faut 5 000 litres d’eau en moyenne pour produire 1 kg de viande – alors qu’on produit la même quantité de pommes avec 700 litres. Ou encore le fait que l’élevage pollue sols et eaux : antibiotiques, hormones, pesticides, engrais, déjections, nitrates, etc.

Mais, plus que tout, le coup de grâce a sans doute été porté par un autre « David » de ce monde : l’association L214, avec ses images choc filmées en caméra cachée dans plusieurs abattoirs français (y compris estampillés « bio »).

Largement relayées par les chaînes de télévision et la presse (nationale comme internationale), elles ont marqué l’opinion… et influencé les consommateurs.

Fini, Goliath ?

En France, comme dans plusieurs pays d’Occident, le géant s’est vu affaibli. Vit-il pour autant un déclin ? Non.

Si le consommateur français boude la viande, la consommation mondiale, elle, s’accroît.

D’ici une trentaine d’années, nous serons 9 milliards d’humains sur la planète – et la demande en produits carnés est et sera vraisemblablement en hausse dans les pays en développement, comme la Chine, le Brésil ou l’Inde (3).

Dans ces pays en pleine croissance, dont le pouvoir d’achat augmente, la nutrition s’occidentalise.

De plus, il faut compter avec un autre fait :

 

Bec et ongles, le colosse se défend…

Dernièrement, il a « frappé fort« , comme le rapportait en 2016 (5) un article de Libération sur l’intervention du lobby en milieu scolaire.

L’animation, qualifiée de « pédagogique », a duré plusieurs mois et a concerné « 1 500 écoles primaires partout en France« , soit « 225 000 élèves« , et cela « dans une quarantaine de villes« .

Dossiers, livrets d’information, magazine ludique, et même tattoos « marrants », tous les outils possibles ont été utilisés dans ce que beaucoup d’associations, aussi bien de défense animale que de parents en colère (6) ont dénoncé comme de la « propagande« .

« Mais l’action la plus marquante remonte au 28 octobre, rapporte Sarah Finger (6). Ce jour-là, une soixantaine de militants de l’association 269Life Libération animale étaient venus dénoncer la mise en scène bucolique de la ferme des Jolipré, rue de Bercy, devant le siège parisien d’Interbev. Au micro, Tiphaine Lagarde, la jeune présidente de l’association, avait pointé l’«apologie de la viande», la promotion des «élevages sordides», cette «vision mensongère» offerte aux enfants qui présente «des élevages heureux et des animaux qui seraient contents de donner leur vie». Et, tutoyant Interbev : «Nous ne laisserons pas les puissants lobbys que tu représentes les endoctriner pour en faire des consommateurs aveugles». Le syndicat a refusé de rencontrer une délégation de l’association. »

 

« Interbev, tu n’avais certainement pas envie de nous revoir ici et pourtant nous sommes de retour ! » (7)

Oui, le 10 février, Tiphaine, Cirik et leurs militants sont de retour. Encore une fois, devant le siège parisien d’Interbev.

A ce moment-là, quatre géants poursuivent déjà 269Life Libération Animale en justice : Bigard, Aoste, LDC (groupe agro-alimentaire spécialisé dans la découpe et la préparation de volailles), et Sicarev (qui rassemble les filières française exploitant les bœufs, veaux, agneaux et porcs).

L’association, attaquée de partout, pourrait capituler, ses dirigeants renoncer, prendre peur – mais ce n’est pas le cas.

Les David de 269Life Libération Animale marchent d’un pas déterminé vers l’antre de Goliath.

 

Duel

L’ascension écrasante d’un Goliath :

Combien savent que le président de la surpuissante alliance Interbev se destinait à être avocat ? Dominique Langlois, juriste de formation, titulaire d’une maîtrise de droit, fils d’un journaliste de presse locale, est entré dans le lobby de la viande presque par hasard, après une rencontre lors d’un dîner. Et pas par la petite porte puisqu’il a dirigé un groupe fort d’1 milliard de CA : la SVA (aujourd’hui rachetée par Intermarché) Jean Rozé.

Après une vingtaine d’années, il est élu à la présidence du groupement Interbev.

Si l’ascension du géant s’est faite d’une marche sûre, le défi qu’il doit relever est colossal : redresser une filière qui s’embourbe.

Et écraser, s’il le faut, les moustiques qui piquent son propre repas de sang au passage.

L’une parmi ces moustiques se trouve, comme lui, être juriste. Le géant a refusé tout dialogue avec l’association qu’elle représente. Qu’importe, elle revient à lui et, une seconde fois, pique et repique là où ça fait mal.

 

Une « stratégie offensive »

269Life Libération Animale « est la première association française à avoir mis en place une stratégie offensive de désobéissance civile à l’égard des syndicats et grands groupes du lobby spéciste » (7).

Comme on l’a vu, l’association « fait face à une répression de plus en plus importante et sévère suite à ses actions directes menées auprès des industries spécistes depuis 6 mois ».

Qu’importe. Les David ne lâchent pas leur lance-mots :

« Cher M. Langlois, président d’Interbev, nous sommes venus te répondre ! », lance, au fronton d’Interbev, Tiphaine Lagarde. (8)

 

Le « J’accuse » retentissant d’une jeune femme éprise de justice

Si Dominique Langlois est juriste, la coprésidente de 269Life Libération Animale, spécialiste du Droit animal, est, quant à elle, éprise de justice :
« Nous n’avons pas été effrayés, commence-t-elle, par tes tentatives d’intimidation, tes mises en demeure et nous sommes revenus parce que tu refuses de descendre de ta « tour d’ivoire » pour venir nous répondre, nous qui te demandons simplement la possibilité d’un débat et qui aimerions connaître les justifications que tu apportes, en dehors de la quête du profit, à la poursuite d’un système mortifère, meurtrier et inutile que l’on nomme l’élevage. » (8)
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Lobby de la viande : Quand Goliath porte plainte contre David. Tiphaine Lagarde et Cirik Ceylan devant le siège d’Interbev à Paris.
Elle rappelle à quel point les animaux victimes d’exploitation sont les grands « invisibles » de notre société : parqués, cachés, mis à mort derrière des murs opaques, leurs corps découpés, méconnaissables. Ils sont rabaissés « au rang de choses par un vocabulaire qui, faisant fi de leur singularité, ne les évoque qu’en terme de nombre, de tonnes ou de prix au kilo. » (8)
« Nous t’accusons, Interbev, de crime contre l’animalité !
Nous t’accusons de te remplir les poches de la souffrance et de la mort !
Nous t’accusons de publicité mensongère !
Nous t’accusons de violer impunément chaque jour des valeurs fondamentales.
Nous t’accusons de pervertir l’esprit de nos enfants avec ta propagande spéciste dans les écoles et de passer outre l’obligation de neutralité qui prévaut dans l’enseignement. » (8)

 La réplique de Goliath

Le syndicaliste Nicholas Klein disait en 1918 :

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments ».

Il semble que le combat pour le Droit animal arrive, en 2017, en phase 3.

Les monuments viendront peut-être. Pour le moment, le géant des filières élevage et viande « a déposé plainte à l’encontre de Tiphaine Lagarde, co-présidente de l’association 269Life Libération Animale – avec constitution de partie civile – au sujet d’un discours prônant l’égalité animale et s’opposant à la propagande carniste d’Interbev dans les écoles, qui avait été prononcé devant le siège social du syndicat le 28 octobre 2016 à Paris. Il lui est reproché le délit de diffamation pour ses deux discours qui avaient été prononcés devant le siège social parisien du syndicat. Elle sera entendue par la police ce vendredi [NDLR : vendredi 26 mai 2017] à Paris et risque 12.000 euros d’amende ainsi que la suppression de ses écrits. » (9)

Autrement dit, la suppression de son (ses) discours.

Que nous vous invitons à lire, en intégralité, dans notre Tribune.


 ÉDIT DU 27/05/2017 : un juge d’instruction a été saisi du dossier. Il est demandé par le plaignant, outre la suppression des écrits concernés, une réparation pour le préjudice subi (?!) en dommages et intérêts.
La coprésidente de l’association risque en outre une interdiction de publication pendant une période déterminée.


Note de l’association 269Life Libération Animale (10) :

« Cette riposte du lobby spéciste à l’encontre d’activistes antispécistes osant défier et nommer ses représentants est grave et dangereuse.
Cette tentative de censure de la parole d’une jeune association dissidente prônant un activisme offensif démontre à nouveau qu’ils sont prêts à tout pour étouffer un mouvement de contestation devenu inquiétant.
Interbev disposant de fonds et de soutiens politiques bien supérieurs, il est évident que c’est le combat de David contre Goliath.

Il est d’ailleurs fort probable que d’autres plaintes soient déposées dans les jours à venir pour d’autres discours et écrits de l’association.

Le souhait d’Interbev est bien évidemment de nous obliger à ne plus les viser par nos actions et de nous faire taire définitivement en nous infligeant de lourdes condamnations.

Plus que jamais, nous avons besoin de votre soutien pour montrer à Interbev qu’il ne peut parvenir à ses fins.

Il est urgent de montrer à l’opinion publique le vrai visage de cette filière qui cherche à museler toute parole d’opposition. »

Auteure de l’article : Yael

 

 

 

  1. (1) Made in viande : la filière joue la transparence, 22/10/14, P. Olivieri, Plein Champ
  2. (2) 269 Life France : Des actions chocs qui attirent les médias, Cédric Garrofé, Végémag
  3. Le vrai-faux declin de la viande, 15/11/09, Laurent Caudine, Xiberoa
  4. Dominique Langlois Un juriste chez Interbev, Stanislas Du Guerny, 21/12/10, Les Échos
  5. Le lobby de la viande s’invite à l’école, Sarah Finger, 14/11/16, Libération
  6. Non à la propagande d’interbev (Lobby de la viande) dans les écoles primaires françaises, pétition (10/2016).
  7. Communiqué de 269 Life Libération Animale sur sa page Facebook, 23/05/2017
  8. Discours écrit et prononcé par Tiphaine Lagarde au nom et pour le compte de l’association 269Life Libération Animale lors de l’action devant le siège social d’Interbev le 10.02.2017 à Paris – Tous droits réservés.
  9. Post Facebook de 269 Life Libération Animale sur sa page, 23/05/2017.
  10. Page Facebook de l’association 269Life Libération Animale.

 

Crédit photos : Viviane De SSP / 269 Life

Tous les textes et les photographies sont reproduits avec l’accord de 269 Life et de Tiphaine Lagarde.

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8 commentaires sur “Lobby de la viande : quand Goliath porte plainte contre David”

  1. Je suis vraiment admirative de ces personnes qui se battent au quotidien, qui militent et affrontent ces géants horribles…J’ai d’ailleurs un bracelet de 269 🙂 Quand j’avais appris qu’il y avait de la propagande (c’est vraiment ça!) pour la viande dans les écoles, j’avais été soulagée de savoir que ça n’aurait pas lieu dans celle de mon fils…ouf!
    Si on est à l’étape 3 , je veux croire que les monuments viendront. Ce sont des personnes comme Tiphaine qui font évoluer les consciences et la société. Dans antispéciste, Aymeric Caron écrit qu’un jour, dans le futur, les enfants de nos enfants seront horrifiés de voir comment nous avons traité les autres espèces, tout comme nous le sommes aujourd’hui de l’esclavagisme. J’ai envie d’y croire. Je constate quand même presque chaque jour que les gens sont de plus en plus ouverts aux alternatives végétales. Et comme les hypermarchés s’y mettent (j’étais étonnée la semaine dernière du choix chez Auchan qui a consacré un rayon entier au véganisme), je me dis qu’on gagne du terrain…
    C’est un très bel article (comme d’habitude). Merci.

    1. Oui, le fait d’utiliser des outils de propagande dans les écoles (alors même qu’en plus, la pensée majoritaire est déjà, par tradition culinaire et tradition tout court, pro-viande) est intolérable. D’après la petite enquête (rapide, j’admets) que j’ai menée, le ministère de l’EN était d’ailleurs fort mal à l’aise pour justifier cette opération – elle s’en remettait au fait que chaque chef d’établissement était libre d’accepter ou non la proposition d’Interbev et que rien n’avait été, ni initié ni agréé, au niveau ministériel / national.

      J’imagine bien que tout parent (végane… mais même non végane, il suffit qu’un parent n’aime pas l’idée qu’un lobby vienne tenter d’influencer son enfant) a dû mal le vivre. D’ailleurs, des pétitions ont émané, semble-t-il, de parents.

      Pour le reste… les consciences évoluent, en effet. Israel, la patrie d’origine du mouvement 269Life Libération Animale, est devenu le pays à plus fort taux de végans au monde – « la terre promise des végans », comme le mentionnait un article.

      La France est susceptible de suivre. Et d’autres pays. Qui sera le fameux « centième singe » ? Les mentalités bougent. Des initiatives choc semblent être particulièrement efficaces… alors.

  2. Je vous formidables de volonté, de courage … continuez toujours, sans relâche car c’est vous, amis des animaux comme moi et comme beaucoup qui avez raison … nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer cet état de fait purement abominable et indigne d’une société qui se dit humaine et compassionnelle … il y a de plus de plus d’associations contre la maltraitance et la souffrance animale et c’est très bien (perso j’adhère à L214) mais c’est le même combat : éveiller les consciences, apprendre à désapprendre ce que l’on a mis dans la tête des gens comme quoi il est indispensable de consommer de la viande … foutaise ! derrière leurs belles publicités édulcorées, il n’y a que de la souffrance ! quelquefois, je ne peux même plus dormir tant je pense à eux, à leur triste vie …. Là où j’habite, je vois chaque jour des camions passés remplis de tous ces êtres brinquebalés et apeurés et j’ai envie de hurler ! autour de moi, c’est en majorité l’indifférence, l’horreur est devenue la normalité et on ne veut surtout pas voir, on préfère être lâches … mais bon, je garde espoir, il le faut et on assiste quand même de plus en plus à des changements dans les médias et force est de constater que les hypers et autres magasins s’y mettent car la clientèle est là … je rêve du jour où le mot abattoir ne sera qu’un triste souvenir ! continuez encore et encore … perso, je serai à Paris, à la manif contre les abattoirs … encore bravo à vous Typhaine et à tous ceux qui sont autour de vous pour votre détermination !

    1. Nous ferons passer votre mot à Tiphaine et aux membres de 269Life Libération Animale, avec plaisir !

      Merci de ce mot, et de votre passage.

  3. Toute mon admiration et mon soutien à Tiphaine et Cirik. Grâce à eux et tous les membres de leur association un jour les animaux seront libres !

  4. Merci pour cet article Yael! Je ne suis pas activiste dans l’âme car je préfère les méthodes douces, mais je comprends que certaines actions directes et publiques soient un passage obligé pour ouvrir les yeux à un plus grand nombre de personnes!! Je suis admirative des militants qui osent et qui défient ces grands groupes, je souhaite de tout coeur que la plainte contre Tiphaine n’aboutisse pas car ce serait soutenir un lobby qui n’assume pas ses actions et donc, une injustice!

    1. Je conçois tout à fait que l’activisme offensif puisse n’être pas en phase avec la sensibilité de tous. Je pense qu’il y a plusieurs « fronts d’action » : législatif, sensibilisation (douce), incitation, facilitation, information, éducation (comme le fait Gaia dans les écoles), gustatif (avec des dégustations, recettes, etc.)… mais que parfois, devant l’immobilisme, le monde a besoin d’activisme « choc », pour marquer la rétine et l’esprit et pointer plus fort les contradictions (aussi bien celles des lobbies). Légalité et justice (et illégalité et injustice) ne vont hélas pas toujours de pair (on le voit avec l’hébergement de sans-papiers, aussi). Merci de ton passage et de ton soutien à Tiphaine ! Nous transmettrons les commentaires 🙂

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