Amélie Lorier

Qui est Amélie ?

Conseillère en organisation personnelle, née en 1984, Amélie se voit comme « un pur produit Lorrain des années 80 ».

Elle nous raconte son parcours :

Après un bac + 3 en qualité alimentaire et (un poil) de chômage, j’ai été embauchée comme qualiticienne dans un ESAT (Établissement et Service d’Aide par le travail).

C’est une structure médico-sociale qui permet à des personnes en situation de handicap d’accéder à des activités professionnelles.

J’y ai rencontré des personnes en situation de handicap mental : trisomie, schizophrénie, autisme à différents degrés, et bien d’autres syndromes…

J’étais en charge de créer des procédures de travail, des documents règlementaires et administratifs, ainsi que des activités plus ludiques directement avec les usagers.

Ça a été une expérience professionnelle et humaine formidable, qui hélas n’a pas pu être renouvelée au-delà de deux ans.

Puis j’ai été embauchée à mon poste actuel, qui n’a rien à voir même si je suis toujours qualiticienne, cette fois on parle de la grande distribution ! Je suis un peu le gendarme des rayons, et ce n’est pas tous les jours simple !

En 2011 je me mariais, en 2012 je donnais naissance à mon fils.

Puis j’ai passé la trentaine et je me suis rendue compte que je subissais un peu ma vie : problèmes de garde de marmot de plus en plus présents, stress au travail, manque de reconnaissance, et surtout un sentiment de manque d’accomplissement personnel.

Comme une évidence, j’ai décidé de changer de voie, et de me mettre à mon compte.

C’est comme ça que j’ai cheminé vers le conseil en organisation personnelle : une manière d’utiliser mon expérience de qualiticienne, mais dans un contexte plus humain.

Pour l’instant je partage mon temps entre mes deux activités professionnelles, l’officielle et celle de cœur.

A terme, je vais tout mettre en œuvre pour pouvoir vivre exclusivement de mon activité de conseil en organisation personnelle. Affaire à suivre ! »

 


Nous avons interviewé Amélie…

En tant que femme, en tant que maman, en tant que qualiticienne, conseillère, professionnelle de l’organisation et entrepreneuse déterminée, Amélie a beaucoup à dire et l’exprime avec simplicité, confiance et conviction.


Amélie, l’éthique, pour toi, c’est quoi ? Cette notion est-elle importante ?

Pour moi l’éthique c’est tout ce qui assure le respect du vivant, au sens large : humain, animal, végétal.

C’est une question de connaissance et de conscience. Chacun trouvera ses causes à défendre et ses limites. L’éthique est faite de tous petits riens et de grandes révolutions, et chacun peut apporter sa contribution.

Évidemment cette notion est importante pour moi, d’autant plus depuis que je suis devenue mère.

Je vois l’empreinte de l’homme sur notre planète et je pense aux générations futures : dans quel environnement grandira mon fils, et plus tard ses enfants ?


Tu es spécialiste de l’organisation. La question peut sembler bête, mais existe-t-il des petits gestes, petites habitudes, qui font de nous des personnes meilleures (et pas uniquement plus efficaces) ?

Pour moi être une personne meilleure passe par un meilleur rapport à l’autre et à ce qu’on peut lui apporter.

Et paradoxalement, je pense que la meilleure façon d’y parvenir est de s’occuper de soi en priorité !

Dans les avions, on nous apprend qu’en cas d’incident il faut équiper son propre masque à oxygène avant de tenter d’aider les autres. Dans la vie c’est pareil !

feel-good

Savoir reconnaitre ses forces et ses faiblesses, accepter de ne pas être une super-héroïne du quotidien, prendre le temps de se faire plaisir ou de se ressourcer, sont autant de petites choses qui font qu’on se sent bien. Et quand on se sent bien, on est plus à même de prendre soin des autres.


Ton éducation t’a-t-elle sensibilisée au respect de la planète, de l’environnement, à l’écologie ?

J’ai grandi à la campagne dans une famille modeste, sans être spécialement sensibilisée aux question éthiques ou écologiques : zéro gâchis, respect de l’environnement, consommation locale, ce sont des choses que j’ai toujours connu naturellement pour des raisons bassement financières plutôt que morales.


 

Tu es maman. Quels sont les petits gestes que tu inculques à tes enfants sur ces thématiques ?

Mon fils est encore petit pour les questions philosophiques…

J’essaye simplement de lui inculquer les bons gestes quotidiens pour en faire des automatismes :

Préférer la lumière du jour à la lumière électrique, ne pas laisser couler l’eau quand on se lave les mains ou les dents, plus récemment intégrer les consignes de tri des déchets, et un balbutiement de minimalisme, en lui expliquant qu’acheter une énième petite voiture n’est pas forcement indispensable.

Ça me tient à cœur également de l’informer sur l’origine de ce qu’il consomme : que la viande est de la chair animale, que le pain est fabriqué avec de la farine, donc du végétal…

Je ne suis évidemment pas dans la culpabilisation, je ne tiens pas à le traumatiser, mais étant plus que consciente des questions alimentaires de par mon métier, c’est tout naturellement que je le renseigne sur ce que je mets dans son assiette.

Je crois simplement que comme toutes les mamans j’ai envie de transmettre de bonnes valeurs à mon enfant, d’être un bon exemple pour lui et ça me rend meilleure aussi, c’est parfait !


Le geste ou l’action ou prise de position (sur ces thématiques) dont tu es le plus fière ?

Ce n’est vraiment pas grand-chose mais j’adore en parler parce que je ne comprends pas que ce soit si peu mis en avant auprès des femmes : j’ai opté pour l’utilisation de la coupe menstruelle.

J’ai sauté le pas il y a six mois environ et pour rien au monde je ne reviendrais en arrière.

C’est une solution économique et écologique car durable.

Elle est saine car sans risque de choc toxique, pratique car elle offre 12 heures de protection sans y penser, et super fiable (en tout cas pour ma part je n’ai jamais eu aucun souci de fuites).

J’en arrive à oublier que j’ai mes règles, c’est juste magique !

Je tiens à préciser qu’on trouve les cup en vente même dans les grandes surfaces aujourd’hui, il vous faudra simplement ouvrir l’œil au rayon des protections periodiques parce que qu’elles ne sont pas du tout mises en lumière au milieu des tampons et autres serviettes hygiéniques.


Partage-nous une révolte, quelque chose qui t’a mise en colère…

Mon mari et moi avons passé un magnifique voyage de noces aux Maldives, avant mon intérêt pour les questions écologiques.

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Au-delà du luxe et de la féérie de ces moments inoubliables, je me souviens d’avoir été choquée par deux choses :

Premièrement, ces îles sont quotidiennement « gazées » de produits chimiques contre les insectes. C’est-à-dire que des diffuseurs de plein air vous bombardent de produits toxiques à heures régulières. Si je n’ai été piquée par aucune bestiole, j’ai pourtant été exposée pendant mon séjour à tout un tas de substances inconnues, et j’étais alors enceinte de 5 mois. Est-ce que le risque sanitaire lié aux moustiques nécessite ce genre de procédé ? Je n’ai pas la réponse quand on met en balance les maladies véhiculées par les insectes mais j’ai toujours été mal à l’aise avec cette méthode.

Deuxièmement, quand vous êtes une lève tôt, les plages de sable blanc jonchées de bouteilles en plastique et autres déchets alimentaires sont beaucoup moins glamour. On ne s’en rend pas compte dans la journée car des rondes de nettoyage sont effectuées, mais la quantité de déchets charriée par la mer est un peu effrayante avant le lever du jour, et on se rend vraiment compte de l’impact néfaste de l’homme sur la faune et la flore.

Je ne regrette évidemment pas ce voyage unique, moi qui adore le farniente, j’ai vécu 12 jours de rêve. Mais si je devais organiser un nouveau voyage exceptionnel aujourd’hui, le critère éthique rentrerais beaucoup plus en ligne de compte.


Un héros ou une héroïne ?

Simone Veil est une femme qui a eu un parcours exceptionnel et qui m’a toujours inspirée.

Rescapée d’Auschwitz, militante pour la condition féminine, ministre qui fait adopter la « loi Veil », qui dépénalise le recours à l’interruption volontaire de grossesse en 1975…

Je suis très admirative de cette femme.


Dans la Tribune que tu nous as confiée, tu distingues l’écologie « effet de mode » et l’écologie « de conviction »… les deux ne font-ils pas du bien à la planète ?

Tu as tout à fait raison, pour moi, tout geste écologique est bon à prendre, qu’il soit issu d’une conviction profonde, ou d’un effet de mode peu importe au final.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été une personne très réfléchie, qui a des convictions et c’est l’effet de mode en général qui m’agace…


Tu as travaillé dans l’alimentaire, notamment en tant que qualiticienne. As-tu vu des progrès ? Des régressions ? Des absurdités ? Quid du gaspillage ?

Je vais évoquer ce que je connais à savoir le comportement des distributeurs.

Parce que je vois parfois des sujets sur le gaspillage alimentaire à la télévision, parce que certains clients peuvent faire de drôles de réflexions, j’aimerais juste énoncer une évidence mais qui n’est pas forcément présente dans l’esprit du consommateur : le but du distributeur est de faire du profit, le gâchis, le gaspillage, c’est de la perte sèche, ce n’est pas du tout dans l’intérêt commercial.

Alors oui, l’erreur est humaine, il y a fatalement de la casse au quotidien.

Mais c’est une donnée qui tend de plus en plus vers le zéro, et ça passe par la mise en place de bonnes initiatives :

  • Des produits à prix réduit quand ils ont une date de consommation courte : le client est content et le distributeur limite la perte financière.
  • Des produits donnés aux associations : c’est un geste pour la communauté et qui là encore limite la perte coté distributeur puisque la valeur des dons passe en partie en réduction d’impôts.
  • Des produits donnés dans le cadre d’une alliance locale : dans le magasin qui m’emploie par exemple, le surplus de pain est confié à un éleveur qui le broie et l’intègre à l’alimentation de ses animaux. Les fruits et légumes sont récupérés par un autre éleveur qui les trie, une partie va à la consommation des animaux, l’autre est destinée au compostage.
  • Des produits recyclés par milliers : cartons, plastiques, polystyrène, bois, ainsi que tout ce que nous collectons par nos clients : piles, cartouches d’imprimantes, ampoules, batteries de voiture… Ce sont des quantités phénoménales de déchets qui rejoignent chaque jour les filières de recyclage.

Le zéro déchet ce n’est pas pour tout de suite, c’est clair ! Mais limiter les déchets est dans l’intérêt des distributeurs et des commerçants, et ils y sont tous sensibles, soyez-en assurés !


As-tu 3 habitudes ou conseils d’organisation écologiques / anti-gaspi à partager avec nos lecteurs ?


  1. Adopter une approche minimaliste : C’est tout bête mais ça marche très bien ! Il ne s’agit évidemment pas de repeindre tout son intérieur en blanc et de dormir sur un futon, mais juste de se poser les bonnes questions avant d’acheter : Ai-je réellement besoin de cette énième paire de tongs ? Est-ce que ce vélo d’appartement qui encombre mon salon et que je n’ai pas touché depuis 2 ans pourrait être utile à quelqu’un d’autre ? Donner, vendre recyclerArrêter de s’encombrer avec de l’inutile ça facilite le ménage, ça crée des entrées d’argent ou des économies… On reprend le contrôle de son intérieur et on respire à nouveau !


  2. Dans la même lignée, pour les ennemis de la paperasse, désencombrez en dématérialisant au maximum ! Aujourd’hui le zéro papier c’est possible que ce soit avec la banque, les factures énergétiques… J’ai même fait dématérialiser mes tickets de caisse : quand je fais mes courses dans mon magasin préféré mon ticket n’est plus imprimé, il m’est envoyé par mail. Je ne suis plus esclave de la paperasse !


  3. Faire un planning de ses repas : c’est assez simple à mettre en place sans se prendre la tête, et ça permet de n’acheter que ce dont on a besoin. Fini les périmés dans le frigo ! Pour ma part je ne pousse pas jusqu’à attribuer à chaque jour son repas spécifique. Je fais mes courses pour quinze jours, j’ai ma liste de 15 repas (je ne cuisine que le soir), chaque jour en fin d’après midi, je jette un œil à ma liste pour y choisir le menu. Je suis sereine, je sais que j’ai acheté les ingrédients nécessaires à mes recettes et quand on vient me titiller avec LA question du « Qu’est-ce qu’on mange? », on choisit ce qui nous tente dans la liste sans avoir à faire l’inspection des stocks.


Le monde idéal que tu souhaites à tes enfants, il ressemble à quoi ?

Je vais peut-être paraitre un peu chauvine, mais je rêve d’un monde de liberté, d’égalité et de fraternité.

Liberté de choisir leur voie professionnelle et personnelle, d’être eux-mêmes simplement.

Égalité des sexes et des peuples.

Fraternité comme le disent si bien Les Innocents dans leur chanson « Un monde parfait » finalement on devrait tous être « humain de métier ».


Une vidéo que tu souhaites partager, qui t’inspire, qui « rend meilleur » ?


Elle correspond tout à fait à ma vision de la vie :


3 valeurs qui sont pour toi essentielles ?

  1. Le respect : on peut avoir des opinions ou des modes de vie différents et faire en sorte de s’entendre. Que ce soit en famille, au travail ou dans la rue, c’est une des premières règles de savoir-vivre.
  2. La sincérité : avec moi, chaque mot, chaque geste est complètement sincère et n’appelle rien en retour. J’ai parfois tendance à oublier que la réciproque n’est pas forcément vraie.
  3. La persévérance : Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille (et ce serait triste !) il faut savoir se remettre en question quand les choses coincent, se relever après un échec ou une épreuve, ne jamais perdre l’espoir d’accéder à ses rêves.

 

Pour aller à la rencontre d’Amélie sur le Web :

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