3 moteurs de recherche éthiques : fais ton choix !

Google est le géant du marché, et en détient le quasi-monopole (95% des requêtes faites en Europe). Yahoo ! arrive non loin derrière, avec Bing. Ces « gros » moteurs de recherche sont de plus en plus mis en question. D’une part quant au respect (ou non-respect) de la vie privée, d’autre part parce qu’ils modifient le paysage web, amenant presque toujours le même type de sites (et de sociétés) en haut de page.

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Des alternatives ?

 

Qwant, l’Astérix des moteurs de recherche

Le définir :

Qwant est une start-up française. Résistant à l’extension massive de Google, elle a atteint 1 % de parts de marché en France en 2016. Sa particularité : elle intègre les réseaux sociaux dans ses recherches. Elle te permet aussi de créer des carnets (des « boards ») personnalisés, que tu peux consulter sur Qwant, mais aussi intégrer dans tes sites web.

 

Son éthique :

Qwant revendique 2 valeurs-clés : vie privée et neutralité.

Ce petit moteur qui monte respecte la vie privée de ses utilisateurs. Pas de cookies traquant tes recherches. Pas d’enregistrement de tes données de navigation. Même ton adresse IP, cryptée lors de ton utilisation, est ainsi rendue inutilisable. Cela signifie aussi qu’on ne te proposera pas des résultats ciblés en fonction de ce qu’on pense être ton « profil ». Mais aussi que l’écosystème du web (qu’on peut voir comme une forêt où pousserait de l’info) est préservé : chaque site, chaque blog, chaque journal en ligne a sa chance en fonction de divers critères qualitatifs, et non commerciaux.

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Comment se rémunère-t-il ?

 

Riche de 2.6 milliards de requêtes en 2016, Qwant se rémunère uniquement par un paiement au clic sur les sites marchands que tu visites lors de tes recherches. C’est clair, c’est simple, et c’est ce que faisait autrefois Google – avant d’adopter une politique de pistage intensif de ses utilisateurs, et de revente des données qu’il collecte.

 

Son plus :

 

Qwant a aussi créé Qwant Junior, un moteur de recherche pour enfants qui filtre les contenus sexuels et / ou violents.

 

Ecosia, le moteur de recherche qui plante des arbres

 

Le définir :

Ecosia est né en 2009. Avant, il s’appelait « Ethicle ». C’est une initiative allemande. Voilà pour la présentation classique – courte.

Sur ce, on va faire simple. Très simple. Tu utilises déjà Google ? Ou Yahoo, ou Bing ? Bon, ben, Ecosia, c’est pareil. Ça ne changera rien à tes habitudes, sinon qu’il te faut aller sur leur site et installer, en quelques secondes, l’interface.

Son éthique :

Déjà, une parenthèse :

Sais-tu à quel point le web est énergivore ?

On a beau être dans le monde virtuel, le web c’est du réseau, des serveurs, des salles entières peuplées de machines pire que le métro à l’heure de pointe, des câbles par millions sous la mer, du nucléaire à gogo (je ne vais pas te raconter de bobards : ce ne sont pas des éoliennes qui alimentent tes journées passées sur Facebook – ni la présence en ligne de notre Mag), des systèmes de ventilation à tuer toutes les mouches de la planète, de la clim à faire fondre le Pôle Sud tout entier, des algorithmes en compétition (une vraie course du gaz à effet de serre), etc. Et il pollue !

Ecosia se veut « eco-friendly ».

Son slogan :
« Surfe sur le web en plantant des arbres »

En gros : tu fais ta recherche. Pareil que sur Google. Tu as des résultats. Pareil. Au passage, tu verras s’afficher des liens sponsorisés – comme sur Google, là encore. Et quand tu cliques sur l’un de ces liens, Ecosia touche un pourcentage. Et avec un (gros) pourcentage de ce pourcentage, soit 80% des bénéfices, des arbres sont plantés. Où ? En Indonésie, à Madagascar, au Brésil, au Burkina Faso.

Et ça marche ?

Oui. A ce jour (29 juin 2017), on peut voir que près de 10 millions d’arbres ont été plantés par Ecosia, notamment à travers un programme de reforestation au Brésil.

 

Ecosia assure aussi une « compensation carbone » de ses propres émissions à effet de serre.

 

Lilo,  le moteur de recherche qui finance des initiatives sociales

 

Le définir :

Lilo est une start-up française (oui, encore une !) créée par deux ingénieurs, Clément Le Bras et Marc Haussaire.

Le constat, à la base, c’est que tu rapportes plus ou moins 30 € par année aux moteurs de recherche que tu utilises. Comment ? En cliquant sur des liens publicitaires.

Et l’idée de Lilo, c’est que ce que ces euros peuvent se cumuler sous forme de « gouttes d’eau », monnaie générée par tes recherches.

 

Précision : Lilo n’est pas un moteur de recherche, mais un « méta » moteur de recherche.
Ce qui signifie ? Qu’il s’appuie sur Google et consorts.
Quand tu utilises Lilo, tu continues d’utiliser Google et autres en arrière-plan.
Les gros moteurs fournissent l’infrastructure, Lilo greffe dessus son « petit plus éthique ».

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Son éthique :

 

Les gouttes d’eau font les rivières. L’idée est ici que ces rivières aillent soutenir de belles initiatives.

En effet, si avec Lilo, tu continues à utiliser Google et ses frangins les ogres, la différence est que tu soutiens des assos. Comment ?

Par une plateforme de crowdfunding !

Initiatives sociales, solidaires, éducatives, environnementales…  à toi de choisir les initiatives que tu soutiendras avec tes « gouttes d’eau ».

Et tes données personnelles ?

Lilo déclare s’engager sur le respect de la vie privée de ses utilisateurs : elle active automatiquement les outils de protection que proposent en simple option les moteurs sur lesquelles elle s’appuie.

 

Le plus de Lilo :

 

Tu peux, toi aussi, proposer de faire financer ton projet par la communauté Lilo !

 

 

Aller plus loin

 

L’éthique des moteurs « éthiques » en question

 

Comme pour toute initiative « chevalier blanc », on creuse le sol à la recherche de l’ombre noire.

On pointera, pour certains, un défaut de transparence ou une promiscuité avec les géants de la requête, ou encore le reproche de « faire de l’argent » sur l’initiative ou on dénigrera, au prix de la « part du colibri« , ce qui n’est que verre d’eau dans l’océan (ou dans l’incendie du monde), etc.

Ainsi, un dialogue s’est instauré entre Baptiste Rabourdin, d’Eco-Sapiens, qui en avait « marre des moteurs de recherche solidaires », et les fondateurs de Lilo.

Ce sera toujours l’éternel dialogue entre « faire mieux », « faire moins mauvais », et faire totalement différent.

Des trois, quelle option est préférable ? Et lesquelles existent, sur le web ?

 

Diversité des moteurs de recherche

 

Au fond, c’est elle, qu’on ignore souvent

Pourtant, de Duckduckgo qui s’appuie comme Lilo sur la structure existante de gros moteurs de recherche, à Million Short ( « What haven’t you found? »), dont le principe est d’ignorer les premiers résultats (et pourquoi pas les 100 ou 100 000 premiers résultats) pour te proposer ceux que d’autres moteurs ne mettent pas en avant, en passant par Framabee (qui fait partie de Framasoft, que Fred nous a fait découvrir), les alternatives aux moteurs de recherche « classiques » ne manquent pas.

 

Et maintenant ?

À toi de chercher, go !

N’hésite pas à nous partager tes pistes et liens en commentaire !

 

Auteure : Yael

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2 commentaires sur “3 moteurs de recherche éthiques : fais ton choix !”

  1. Ça faisait un moment que je voulais utiliser Ecosia comme moteur de recherche par défaut, parce que j’aime l’idée d’un moteur vert, et pour ne rien gâcher je trouve que la page est super esthétique. Je n’avais jamais pris deux minutes sur mon planning overbooké pour faire la manip’, voila qui est fait à présent, merci de m’y avoir fait penser :p

    1. C’est super ! Ecosia, je l’ai fait il y a un moment déjà. A savoir que pour les recherches SEO (si tu en fais) je te conseille des crochets ponctuels par google : l’affichage des résultats peut être différent sur les deux. Ce n’est pas que l’un est plus exact ou représentatif que l’autre, mais juste qu’il est utile de regarder les deux. A part ça, Ecosia fait le même job, et c’est un moteur de recherche indé, avec une belle idée sous-jacente 🙂 Merci de ton passage sur l’article ! !)

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