« Cher M. Langlois, président d’Interbev, nous sommes venus te répondre ! »

Exploitation animale : la réponse de 269Life Libération Animale à Interbev

Introduction éditoriale d’Etik Mag :

Tribune Etik offre une parole libre autour d’un questionnement éthique à un invité, chaque mois. En retard, nous vous partageons le discours écrit et prononcé par Tiphaine Lagarde au nom et pour le compte de l’association 269Life Libération Animale lors de l’action devant le siège social d’Interbev le 10.02.2017 à Paris.

 

« INTERBEV, tu n’avais certainement pas envie de nous revoir ici et pourtant nous sommes de retour !
INTERBEV, nous sommes revenus pour te montrer qu’il n’y aura aucun répit pour les oppresseurs et les esclavagistes modernes que tu représentes jusqu’à la dernière aube rouge sang pour les animaux.
Nous n’avons pas été effrayés par tes tentatives d’intimidation, tes mises en demeure et nous sommes revenus parce que tu refuses de descendre de ta « tour d’ivoire » pour venir nous répondre, nous qui te demandons simplement la possibilité d’un débat et qui aimerions connaître les justifications que tu apportes, en dehors de la quête du profit, à la poursuite d’un système mortifère, meurtrier et inutile que l’on nomme l’élevage.
Mais cette absence en dit long, cette absence est le symptôme d’un malaise à l’heure où nul ne peut prétendre ignorer la souffrance qu’on inflige à des millions d’êtres sensibles dans les élevages et les abattoirs.

Un mal inutile qui détruit notre société, la plonge dans la barbarie et qui salit nos cœurs et nos esprits. Car l’élevage est la négation de la liberté.

Un mal dont il faut se représenter la réalité :
Des animaux vivant dans la peur, privés de leur identité, arrachés aux leurs, soumis à une existence qui n’en mérite même plus le nom.

Une pratique qui s’évertue à rendre invisibles les habitants les plus nombreux de cette planète, à nous empêcher de les rencontrer, à les cacher derrière les murs des camps de concentration modernes, à les rabaisser au rang de choses par un vocabulaire qui, faisant fi de leur singularité, ne les évoque qu’en terme de nombre, de tonnes ou de prix au kilo.

 

Alors aujourd’hui, INTERBEV, nous sommes là pour dire non au déni du droit des animaux à vivre, nous sommes là parce que nous refusons cette honteuse vision passéiste qui transforme nos frères et sœurs en esclaves !

 

Nous nous dressons ici pour la justice et ne laisserons personne nous forcer à faire demi-tour.

 

Le président d’INTERBEV, Monsieur Langlois, estime sans doute que nous ne sommes pas dignes d’être entendus.

 

Face à un homme qui est à la tête du plus puissant syndicat de l’exploitation animale, qui a reçu la légion d’honneur et dirigé durant 33 ans une société d’abattage florissante, que pouvons-nous représenter ?

 

Nous, petits résistants, idéalistes, marginalisés parce que nous faisons primer la recherche d’un monde meilleur sur l’argent, nous qui ne pouvons nous vanter de la même carrière dans le monde “merveilleux” de l’exploitation animale, ne l’intéressons pas.

 

Pourtant, cher Monsieur Langlois, nous nous tenons devant toi la tête haute.

 

Nous sommes là parce que ce trottoir devrait être occupé chaque jour par toutes celles et ceux qui se disent soucieux de la justice et de l’égalité.

 

Nous sommes là parce que nous avons pris la résolution que les milliards d’animaux qui souffrent de la captivité et de l’asservissement soient entendus.

 

Nous sommes là pour que le drame qui se déroule tous les jours, dans les abattoirs broyant des milliards de vies sans nom et sans destin, ne puisse plus être rejoué à l’infini.

 

Oseras-tu te regarder dans un miroir le jour où nos enfants nous demanderont comment nous avons pu laisser faire perdurer une telle oppression ? Comment avons nous pu laisser l’humanité se fourvoyer à ce point ?

 

Nous t’accusons, Interbev, de crime contre l’animalité !

Nous t’accusons de te remplir les poches de la souffrance et de la mort !

Nous t’accusons de publicité mensongère !

Nous t’accusons de violer impunément chaque jour des valeurs fondamentales.

Nous t’accusons de pervertir l’esprit de nos enfants avec ta propagande spéciste dans les écoles et de passer outre l’obligation de neutralité qui prévaut dans l’enseignement.

 

Tu t’inquiètes de l’ampleur du mouvement pour l’égalité animale et c’est tant mieux.

 

Tu devrais pourtant t’habituer à notre présence car si tu espères que nous nous lasserons ou nous contenterons des réformes de “bien-être animal” que le gouvernement nous propose pour nous faire taire, tu auras un rude réveil.

 

Il n’y aura ni repos ni tranquillité jusqu’à ce que le peuple animal soit libéré.

 

Tu peux dépêcher des camions de CRS, tes huissiers de justice et tes vigiles pour nous impressionner, mais leur présence ne fait que montrer que tu n’as pour seule arme que ton portefeuille.

 

Alors que nous avons de notre côté la plus précieuse et redoutable d’entre elles : la justice.

 

Nous ne sommes pas 100 aujourd’hui devant tes bureaux luxueux, bien loin des élevages sordides dont tu fais la promotion et présente une vision mensongère.

 

Nous sommes des millions car nous portons ici devant toi la résistance d’un peuple esclavagé, privé de ses droits, qui est empêché de se défendre !

 

Aujourd’hui nous sommes là pour imaginer ce que pourrait signifier le fait de vivre dans un monde qui ne serait plus gouverné par le principe de la suprématie humaine. Nous sommes là pour pousser le cri d’affranchissement des esclaves animaux. Car c’est à nous les vivants, les « maîtres et possesseurs », les libres, les privilégiés parce que nés du côté de l’espèce dominante, qu’il incombe de porter la libération animale.

INTERBEV, nous ne voulons pas de la société que tu souhaites nous donner.

 

Nous ne voulons pas que tu répandes jusqu’à nos écoles, jusqu’à l’oreille de nos enfants, ton flot de mensonges honteux, que tu leur inculques ta savante propagande pour leur faire croire que le sang des animaux doit nécessairement couler pour remplir leur estomac.

 

Leur jeune âge n’en fait pas des incapables à qui il faut présenter une vision tronquée de la réalité.

 

La propagande fait des soldats, elle ne fait pas des penseurs ni des résistants.

 

Tu leur fais croire que le monde n’est régi que par la domination d’une espèce érigée en maître du monde, au lieu de leur apprendre à construite une société non violente à l’égard des autres vivants, à vivre dans le respect de la différence, à la voir comme une infinie richesse.

 

Tu mets la guerre et le sang dans les assiettes de nos enfants !

 

Si tu leur disais la vérité, les nuits des enfants seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, pour un crime qu’il n’a pas commis.

 

Le moment est venu de faire remarquer à l’humanité qu’elle a côté d’elle des millions d’individus non humains qui réclament le droit de vivre.

 

De notre temps, se haïr parce qu’on n’a pas la même apparence, qu’on ne parle pas le même langage, est la plus monstrueuse des folies.

 

INTERBEV diffuse des communiqués de presse et publie des tribunes dénonçant les attaques que subit la filière « viande ».

 

Nous aurions rêvé d’un face à face pour y répondre mais puisque Monsieur Langlois refuse de descendre de sa tour d’ivoire, nous allons lui répondre maintenant !

 

Dans une tribune de décembre dernier, il se plaint de la multiplication des « prises de position défavorables à l’élevage comme à la consommation de viande, et les attaques directes contre la filière et ceux qui la représentent. »

 

Monsieur Langlois aime visiblement le conservatisme et le statu quo, il aimerait sans doute que la puissante filière qu’il représente ne soit jamais contesté même si elle fait des milliards de victimes.

 

Nous devrions peut-être lui apprendre qu’en démocratie, les mouvements de contestation sont essentiels et que nous avons le droit de ne pas consentir à ce qui semble « normal ». L’obéissance aveugle au système n’est que le reflet des régimes totalitaires. En prenant position, en s’opposant, nous ne faisons que mener une forme d’action politique constitutive de la démocratie.

Nous nous opposons fermement à cette recherche du profit qui fait fi de l’existence de millions d’individus.

 

Nous devrions vous rappeler que nous marchons dans les pas d’illustres penseurs qui condamnent le mal infligé aux animaux, mais sans doute vous pensez vous mieux que Victor Hugo, Voltaire, Marguerite Yourcenar, Emile Zola et j’en passe…

 

Nous devrions surtout vous rappeler que derrière ce que vous appelez de la « viande », il y a un être sensible qui ne doit sa venue au monde qu’à l’annonce programmée de sa mort et que cette barbarie est dénoncée depuis longtemps par toutes celles et ceux qui ont à cœur de faire primer l’égalité.

 

Monsieur Langlois poursuit son entreprise mensongère en écrivant que :

 

« FACE À CES PRISES DE POSITION RÉPÉTÉES, PARFOIS VIOLENTES, TOUJOURS UNILATÉRALES, AUCUNE VOIX NE S’ÉLÈVE EN REGARD. Comme si une seule thèse avait désormais droit de cité : celle qui conteste aujourd’hui l’existence même de la viande dans nos sociétés, faisant au passage de l’homme carnivore un bourreau et de l’animal d’élevage une victime innocente. »

 

Lorsque nous entendons M. Dominique Langlois, président d’Interbev, se plaindre des attaques « violentes » portées par le mouvement animaliste à la filière de l’élevage, je ne sais s’il faut rire ou pleurer.

 

Connaît-il seulement la définition de ce mot ?

 

Lui qui fait la promotion de la plus grande forme de violence institutionnalisée et massive qui soit, j’aimerais qu’il passe avec nous les portes des élevages et des abattoirs !

 

J’aimerais qu’il s’imagine être à la place de ces trois millions de victimes quotidiennes,

J’aimerais qu’il me dise ce qui justifie que l’on s’octroie sur eux un droit de vie ou de mort,

J’aimerais qu’il regarde celles et ceux qui sont morts et meurent chaque jour après une vie misérable,

J’aimerais qu’il voie tous ces animaux qui survivent dans des camps de concentration modernes où ils n’entrevoient jamais la lumière du jour,

J’aimerais le faire entrer dans ces abattoirs crasseux où règne l’odeur nauséabonde de la chair meurtrie, où s’élève les cris atroces de ces êtres que l’on mène à l’échafaud,

J’aimerais qu’il entende la plainte déchirante du veau qui ne verra jamais sa mère,

J’aimerais qu’il voit ces milliers de poules entassées dans le noir et menant une existence qui n’en mérite même plus le nom,

J’aimerais qu’il respire l’odeur du sang et du cadavre jusqu’à en vomir,

J’aimerais qu’il passe la main sur le corps endolori de ces mères animales que l’on exploite jusqu’à ce qu’elles en meurent,

J’aimerais qu’il voit ces condamnés hurlant leur volonté de vivre dans des bouveries où ils attendent la mort,

J’aurais aimé qu’il soit avec nous à Corbas, Saint-Etienne, Lapalisse et qu’il entende ces cris, qu’il voit ces regards, qu’il respire cette odeur de peur qui vous glace le sang,

J’aimerais qu’il voie et qu’il nous dise si cela n’est pas VIOLENCE, si ce n’est pas une guerre que nous menons contre le peuple animal, la guerre la plus meurtrière de l’Histoire.

J’aimerais qu’il descende de sa tour d’ivoire, qu’il se fraye un chemin entre les CRS, les huissiers de justice et les vigiles qui le protègent et qu’il me dise droit dans les yeux de quel côté se trouve la véritable violence.

 

Il se plaint que les animaux soient perçus comme des victimes innocentes mais comment voudrait-il qu’ils soient dénommés autrement ?

 

Comment appelle-t-il autrement qu’une guerre, une activité qui repose sur la mort et la souffrance d’êtres sensibles pour rien.

 

Mais M. Langlois comme tous ceux qui défendent des idéologies oppressives aime se victimiser et surtout rabaisser notre combat.

 

Ce qu’il fait en écrivant ces mots :

 

« SOYONS CLAIRS : chacun a le droit de décider en son âme et conscience s’il souhaite ou non consommer de la viande. Chacun peut choisir de s’en abstenir pour des raisons éthiques ou par conviction alimentaire.

Mais, en démocratie, de quel droit est-ce qu’une minorité s’arroge ainsi la parole de tous ? Et, en justice, peut-on jeter le discrédit d’emblée sur toute une profession, dans un procès mené sans témoins ni avocats de la défense ? »

L’antispécisme, le véganisme ne relèvent pas d’un choix individuel !

 

Nous ne sommes pas des sentimentalistes ou des adeptes de la compassion.

 

On raisonne de manière universelle et certainement pas individuelle.

Manger de la viande n’est pas un « crime sans victime » !

 

En résumant notre combat à un simple choix, M. Langlois passe sous silence l’existence des animaux qui sont les victimes du fait que des gens veulent continuer à manger de la viande.

 

Dire « chacun mange ce qu’il veut » fait passer le véganisme pour un choix personnel individuel, alors que c’est un choix qui implique beaucoup de personnes !

 

Ce n’est pas une question de goût, mais une question politique.

 

L’exploitation animale est moralement injuste. Par conséquent, je ne peux pas choisir d’exploiter les animaux dès lors que je veux adhérer à ces principes moraux. Si je me soucie d’éthique, alors je ne peux pas choisir d’exploiter les non-humains !

L’antispécisme n’est pas une sorte de mode de vie « compassionnel » optionnel, il constitue une obligation morale.

 

Monsieur Langlois, contrairement à vous, j’aimerais pouvoir un jour raconter aux enfants cette histoire-là :

 

Celle qu’un jour nous nous sommes détournés de l’exploitation animale et avons cessé de regarder les animaux comme des êtres inférieurs.

Cette société de l’avenir sera superbe et tranquille.

Aux batailles succéderont les découvertes ; les peuples ne conquerront plus, ils grandiront et s’éclaireront ; on ne sera plus des oppresseurs ; on construira, on inventera une nouvelle société ; exterminer ne sera plus une gloire.

Ce sera le remplacement des tueurs par les créateurs.

La civilisation qui était toute de domination sera toute de pensée.

Les frontières s’effaceront sous la lumière des esprits.

Auteure : Tiphaine Lagarde

 

Pour en savoir plus :


 

 

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