10 stratégies pour affronter les emmerdements en s’inspirant de films connus

Dur d’être quelqu’un de bien dans les tempêtes de la vie, parfois. Hein ? Heureusement, il y a le cinéma. Et de super films qui inspirent !

PETITE INTRO BONUS (facile à zapper) POUR CINÉPHILES

Dans la vie, il y a de grands classiques – comme au cinéma :


  • A peine écrivez-vous, langue entre les dents, votre liste de bonnes résolutions – dont celle, number 1, de se lever de bonne heure – que votre réveil, ce fichu intriguant, tombe en rade.
    – Il y a du grand art, dans tes retards. – Merci. J’y travaille beaucoup. (Quatre mariages et un enterrement)

     

  • Ou encore : c’est quand enfin vous vous couchez tôt, après séance d’auto-hypnose et tisane « bonne nuit » et que votre tête s’enfonce dans l’oreiller moelleux (avec une petite améthyste en-dessous pour de beaux rêves) que votre chien (meilleur ami de l’homme) décide que waf, ce serait un very bon moment pour se promener ou jouer à la balle…
  • Ou l’amour de votre vie pour discuter d’un sujet « qui ne peut pas attendre » (c’est cela, oui). Ou vous faire un cadeau inspiré.

 

« C’est là que je me rends compte, Thérèse, que je vous ai moins bien réussie que le porc ! C’est cela, oui… » (Le Père Noël est une Ordure)
  • Ou bien que le Père Noël (cette ordure) sonne à votre porte.
  • Ou alors que votre charmant voisin décide de vous offrir un gros gâteau fumant tout juste sorti du four (à minuit pile), pourquoi pas…
  • Ou que votre coloc trouve qu’il serait approprié de fêter cette belle série de couacs par un petit air de trompette…
Je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille (Le Père Noël est une Ordure)
  • Et que vous êtes limite, malgré votre séance de Qi Gong, votre second degré Reiki et votre adhésion totale (de principe) aux Accords Toltèques et à l’amour inconditionnel d’Amma, de lâcher un peu (très peu) prise.

Si peu. Hum. Si peu.

 

« Je suis très désappointé » (Le Cinquième Élément)
Eh oui, ce n’est pas pour rien que le site VDM existe…
Pierre Mortez sur le canapé (Le Père Noël est une ordure)

Alors, besoin d’un peu d’inspiration pour s’en sortir ?


Je vous propose 10 films… 10 méthodes pour affronter les emmerdements.

 

Singing in the emmerdements

C’est parti !


 

1. « La stratégie Apollo. »

Un film non de fiction, pour commencer, mais documentaire : la mission Apollo, avec le lever de terre vu de l’espace.

Les privilégiés, que ce soit les astronautes d’Apollo ou plus tard ceux de l’ISS, qui ont pu voir notre petite planète bleue, depuis l’espace, ont revisité leur rapport aux choses. Tous racontent l’émerveillement, la grandeur, la fragilité, la beauté à couper le souffle, le respect pour le miracle de l’existence.

Chaque fois que les emmerdements vous assaillent, ayez sur vous cette photo, ou alors visualisez-la. Enregistrez les films des missions Apollo ou des vidéos capturées depuis l’ISS sur votre ordinateur, votre i-pad.

Situez vos ennuis, petits ou gros, avec un petit point : localisez-vous sur le plan de votre quartier, le quartier dans votre ville, votre ville dans votre pays, votre pays dans le monde, et regardez maintenant la taille du tout premier point, initial, depuis l’ISS ou la Lune. Asseyez-vous mentalement sur le sol rocheux de la lune, à 384 400 km de notre petite planète en rotation autour du soleil, et regardez.

Quelle taille ont maintenant vos emmerdes ?

D’accord, ça ne durera qu’un instant, vous regagnerez bientôt la terre… mais ça ne fait pas du bien, de respirer, de voir les choses un peu autrement ?


 

2. « La stratégie du Hobbit »

Ce Hobbit auquel je fais référence, c’est l’un des petits semi-hommes du Seigneur des Anneaux, bien sûr. Et plus précisément Merry, dans la scène où Pippin est tenté de retourner vers la Comté, jugeant que ce flot d’emmerdes (et là, c’est du gratiné !) les dépasse, et où Merry lui rétorque : « Les flammes de l’Isengard vont se répandre. Et les forêts du Bourg de Touque et du Pays de Bouc vont brûler. Et tout ce qui était vert et bon dans ce monde disparaîtra. Il n’y aura plus de Comté, Pippin. »

Cela me rappelle le poème fort connu (mais fort oublié) de Martin Niemoller :

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

Fuir un problème qui ne nous concerne pas sous prétexte que nous n’y pouvons rien (connaissons-nous bien notre pouvoir ?) me paraît absurde, et insensé.

Le milieu du bien-être a tout un courant dont le sport favori semble être de s’abstraire du bruit du monde, alors même que nous sommes plongés dedans, que nous le désirions… ou pas. Nous sommes Un. Tout ce qui se passe dans les endroits lointains, même les plus reculés du monde, nous affecte.

N’est-il pas antinomique de croire que notre bonheur rend la terre heureuse, et de penser en même temps que les larmes ou la souffrance d’autres êtres ne nous affectent pas ?

La sagesse du Hobbit Merry est de comprendre qu’il ne sert à rien de se défendre par l’illusion que cela n’est pas de notre ressort, et ne nous touche pas – quoi que ce soit – d’une façon ou d’une autre.

Quand la forêt brûle à 300 mètres, faites comme le colibri : votre part.

 

Légende du colibri

 

Assumer avec les autres, avec les êtres humains, les inconnus, les étrangers, les êtres différents de l’humain, animaux, arbres, plantes, forêts peu à peu dévastées, la planète salie et blessée… parce qu’un jour ce qui les touche nous affectera, et nous n’aurons plus rien ni personne, autour de nous, pour nous défendre, nous nourrir, nous guérir, nous réconforter.

Comme disait Marthin Luther King, “Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.”

N’attendez pas qu’il n’y ait plus personne autour de vous pour prendre conscience de votre rôle et de votre responsabilité au sein du monde – et de votre pouvoir : tout petit être que vous soyez, regardez en face les souffrances, les conflits et les marées noires, et faites, à votre petite échelle, ce que vous pouvez.

Ce qui nous ramène à la parole célèbre de John Fitzgerald Kennedy : « Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country » – « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

Et le choix de Merry, dans cet extrait des Deux Tours, est clair : plonger, tout petits semi-hommes, au cœur même de la noirceur, car c’est là même que la noirceur s’attendra le moins à les voir surgir.

Ce qui nous amène tout droit à mon troisième choix de stratégie…


 

3. La « Stratégie du Grand Bleu » :

Elle est simple : plongez au cœur même des emmerdements, plutôt que les fuir.

Votre vie vous paraît vous noyer dans une tornade ? Les emmerdes pleuvent sur vous ?

Ok, je vais vous dire :

Il y en a plusieurs qui parmi nous, paieront des centaines voire même des milliers d’euros pour engranger des leçons précieuses. Progresser dans leur vie. Apprendre sur eux-mêmes. Se surpasser. Se réinventer. Etc.

Si vous plongez dans les emmerdes, si vous voyez en eux un apprentissage et une leçon, si vous acceptez le fait que vous en sortirez grandi, enrichi, plus fort peut-être, et quoi qu’il en soit, autre que votre vous d’aujourd’hui… alors vous vivrez autrement ce déluge non voulu et peut-être, actuellement, invivable (du moins à un certain stade, nous sommes d’accord : on parle de pluie d’emmerdes, non de noyade !).

Dans deux mois, dans deux ans, vous regarderez cet épisode derrière vous et vous réaliserez que la vie vous a fait vivre un séminaire ultra-intensif de développement personnel, travail sur vous-même, et peut-être un cours magistral.

Vivez le déluge comme un cours, tant que, pour le vivre, vous avez le refuge d’une arche.

Et remerciez parce qu’il est gratuit, ce cours-là, et plus intensif que dix mille autres – et, il n’en tient du moins qu’à vous… efficace.


 

 4. « La Stratégie Jurassik Park » :

Vous souvenez-vous, dans Jurassik Park, de cette scène particulièrement terrifiante (plus que les scènes les plus spectaculaires du film) où le verre d’eau, dans la voiture, tremble, au fur et à mesure que se rapproche le son d’abord très lointain des pas ? L’eau du verre, des flaques, tremble d’abord, les ondes retentissant en petits cercles concentriques, et plus tard la gelée dans la coupe à dessert – et ENSUITE vient le bruit des pas, lourd, effrayant.

Et tout le long, lorsqu’on voit l’eau trembler, et les personnages rester, malgré l’avertissement, obstinément aveugles aux signes précurseurs, immobiles, on aurait envie de les secouer et de leur crier : « Mais bouge-toi ! »

Et bien la « stratégie Jurassik Park » est simple :

N’attendez pas que le T-Rex arrive, massif, à deux mètres de vous, et vous dévore. Soyez attentifs aux verres d’eau.

Votre corps tout comme votre intuition (appelez cela sixième sens, ange gardien, méga flair, comme il vous plaira !) vous envoient, très souvent, des signes.

Des signes de danger – à rester dans un lieu, s’obstiner dans une situation.

Des signes de fatigue, de surmenage.

Des signes qu’une relation devient nocive.

Des signes qu’il ne vaut mieux pas prendre ce chemin, cette route, s’engager avec tel partenaire, rester dans cette maison, cette situation, cet emploi, cette glissade vers le surmenage… accepter, petit à petit, l’inacceptable.

Ou des signes que vous merdez, peut-être, et que c’est en vous que faut chasser le T-Rex… parfois ils sont internes, hein, aussi).

Quoi qu’il en soit, quand le verre d’eau en vous tremble, levez vos fesses de votre siège et foutez le camp, bon sang de bois, ou chassez-le du dedans de vous : une fois pris dans la gueule du danger massif, ou qu’il vous aura rongé le ventre de l’intérieur, il sera trop tard !


 

5. La stratégie « Stuart Little » :

Cette stratégie n’est pas la plus facile, mais c’est sans conteste la plus simple. « Faites comme si » les choses allaient de soi. « Comme si vous étiez » apte à gérer le flot des emmerdes. « Comme si » vous pouviez, comme dans la pub 1 Million de Paco Rabane, claquer des doigts et faire apparaître l’argent, la richesse, les moyens, le soutien, le courage, le charisme, la force intérieure, etc.

Stuart Little est une petite souris, adoptée par une famille d’humains. Et en dépit d’un contexte peu commun, d’un environnement difficile (tout est inadapté pour une souris, chez des humains) et de l’hostilité manifeste de personnes et êtres proches comme lointains, Stuart ne cesse (presque) jamais de se conduire comme une personne à part entière – ce qui finit par remporter (après moult aventures évidemment) l’adhésion de tout son entourage, et le respect de ses ennemis (ou sinon la mise à distance, et le triomphe – total).

N’avez-vous pas noté que Stuart est « petit Stuart » avant même d’être « Stuart Petit » (petit, en anglais = Little) ? Ce que vous devenez est ce qu’en germe, vous êtes déjà. Si vous faites naître en vous le germe de « je suis capable de m’en sortir », il est plus que probable que le germe grandira. Et que vous vous en sortirez – et mieux que cela.

Entrez sur la scène de vos emmerdements divers, toute petite souris que vous êtes, et conduisez-vous comme votre héro, votre modèle, votre idéal. Votre « Vous » « dans le rôle de ».

Prenez votre acteur favori, votre personnage préféré, et faites-le interpréter votre rôle, puis interprétez à votre tour le rôle de ce personnage, dans votre rôle.

Trop compliqué ? Rassurez-vous. Le petit Stuart ne se complique pas autant les choses ! Il est. Il fait comme. Il devient humain à force de se conduire en humain – sans renier ses qualités de souris pour autant (qui, à plusieurs reprises, lui servent bien).

Soyez le « vous » que vous vous voyez être. Que vous pensez (ou non) pouvoir être. Cela viendra tout seul, en le faisant.

Little high, little low !  Allez-y, foncez, vous êtes grand(e), vous pouvez le faire !


6. « La stratégie Yoda » :

« Fais agir la force », c’est la stratégie de Maître Yoda. La « Force » est l’énergie universelle, celle qui meut tous les êtres vivants, mais aussi le cosmos, les planètes – et pourquoi pas les gros cailloux des marécages et les vaisseaux spatiaux, aussi.

On ne connaît pas son origine – cela fait partie de son mystère. Appelez-la Volonté, appelez-la Vie, appelez-la Divinité (et donnez-lui le nom qu’il vous plaira, ou alors aucun, puisqu’en somme, on ne peut « La » nommer) ou séparez-la de l’idée de divinité, au contraire, et voyez-y une puissance proche du Ki japonais, du Qi chinois, du prana indien, du pneuma grec, un souffle, un mouvement, une transformation, un élan… les traductions sont bien difficiles – et terriblement hasardeuses – là encore.

Faire agir la force, c’est en quelque sorte conduire une voiture : nul besoin de percer le mystère. De même que vous conduisez votre Clio (ou votre Porshe) sans être ingénieur, vous pouvez « conduire » la Force.

Comment apprendre à conduire » la Force ? Tout simplement de la même façon que vous apprenez à conduire une voiture. Il y a des cours. Des formations. Des permis – diplômes – même, parfois. N’allez pas dans une auto-école, hein ? Ils seraient un peu surpris de votre demande ! En revanche, pour apprendre à conduire la Force, il y a des séminaires, des cours (y compris en ligne, même pas besoin de déplacements), des initiations, des livres, des stages, etc. A vous de trouver le(s) bon Yoda.

Et si vous ne conduisez pas la Force, parce que vous n’êtes pas prêt, parce que ‘ça ne marche pas’, parce que c’est trop compliqué… alors appelez-la.

Comment ? A vous de voir ! Les voies sont nombreuses : prier, méditer, faire du body building (si cela sert votre but, pourquoi pas ! vous mettez en mouvement vos muscles, mais aussi votre mental, votre volonté), appliquer les Accords Toltèques, faire du Reiki, du Qi Gong, faire bouger vos meubles avec le Feng Shui, les obstacles avec la magie (et là, dois-je rappeler que les êtres vivants ne sont pas des obstacles, et qu’on ne joue pas à n’importe quoi n’importe comment ?), vos circuits neuronaux avec la PNL, l’EFT ou le coaching, etc.

Comprenez juste que vous n’êtes pas seul(e). L’univers est Un. Trouvez de l’aide. Et, s’il n’y a personne, appelez. Appelez le divin, appelez un ange, appelez un saint, votre « guide », une fée, un ami, un arbre, une coccinelle, un professionnel qualifié (l’ordre mentionné n’est pas forcément le bon), un rebouteux, un mage, ce que voulez, qui vous voulez… mais par pitié ne restez pas là les pieds en l’air – ou à bouder sur votre rocher – en répétant que la vie est injuste et que vous n’y arriverez pas ! Cherchez la Force en vous. Ou recherchez-la en cherchant de l’aide.

Et recherchez-la du bon côté (à vous de juger quel est le vôtre), que ce soit dans l’aide des autres, ou en vous.

Et permettez-moi de clore ce petit paragraphe avec la citation d’un des Yoda de ce monde réel (ce qui prouve qu’on peut les trouver dans ce monde aussi, parfois en ouvrant un simple bouquin ou une vidéo sur le net), Deepak Chopra :

Vous pouvez parler à la vie toute entière, influencer la vie toute entière. La vie toute entière est aussi vivante que nous le sommes.

7. La « Stratégie du Plus Grand Bateau » :

Sans doute avez-vous en mémoire cette scène de Jaws (Les Dents de la mer) dans laquelle le chef de la Police, Martin Brody, alias Roy Sheider, jette en guise d’appâts des abats sanglants dans la mer, avec une petite pelle et un seau, depuis le ponton du bateau, tout en discutant avec le capitaine du bateau – le pêcheur Quint – qui se trouve à l’intérieur de la cabine, occupé à bricoler je ne sais plus quoi, lorsque le requin surgit à un mètre de lui, énorme.

Martin recule alors, tétanisé, d’abord sans un mot, vers la cabine, puis, s’adressant à Quint, toujours occupé à son bricolage, il lui dit cette phrase mémorable (et pleine de bon sens) :

You’re gonna need a bigger boat / Vous allez avoir besoin d’un plus grand bateau.

L’expression a été reprise dans le langage courant (au moins dans les pays anglophones) pour signifier qu’il va falloir être sérieusement mieux équipé pour telle mission ou entreprise. Et aussi, par extension, pour désigner les situations particulièrement délicates.

Parfois, vous savez, quand l’obstacle semble infranchissable, le but à atteindre particulièrement difficile, les emmerdes particulièrement énormes, ce n’est pas que vous n’êtes pas assez malin, ni assez fort, ni assez courageux ou que sais-je. Stoppez l’autoflagellation ! Ce n’est pas non plus que le problème devant vous est forcément et à tout jamais insurmontable… c’est qu’il faut revoir à l’échelle au-dessus la taille de votre bateau, simplement !

Équipez-vous mieux. Trouvez de meilleurs outils. Des moteurs plus puissants. Forgez-vous un mental plus fort. Apprenez l’auto-défense. Faites-vous coacher. Investissez plus – ou tout simplement mieux. Consacrez plus de temps à votre projet. Renforcez votre esprit, votre mental, votre spiritualité. Trouvez des mentors passés à l’échelon « au-dessus ». Etc.

Trouvez un bateau « taille au-dessus »… et le requin ne semblera plus si grand !


 

8. La « Stratégie de la Boule de Billard » :

Une scène fort connue (et très drôle !) du Cinquième Élément, est ce moment d’anthologie où Bruce (ce bon vieux Bruce !) combat, bang, bang, bang, les Mangalores, vide sur ses cibles (très peu sympathiques, des sortes de lézards à peau plissée) son chargeur, et se retrouve sans munition – et de ce fait, dans le concret, sans arme. Voici donc notre Bruce coincé, chemise déchirée, sous un comptoir. Avec autour de lui les Mangalores. Son unique espoir : un gros gun. Seulement voilà… le gun est par terre, et malheureusement hors de portée de Bruce. Hors de portée de Bruce alias Corben Dallas, en tout cas. Mais ! Ouf. Big espoir ! Pas hors de portée de « Baby Jay ». Baby Jay, c’est une star de rock, un gars coiffé comme Beethoven, et tout aussi sourd que le prodige l’était. Bruce se tourne vers lui : Passe-moi le gun. Oui, c’est ça, le gun. Et là Baby Jay, ultra serviable, lui envoie… deux boules de billard.

Il faut dire que, tout le long du film, il n’est pas particulièrement aidé, Bruce ! Entre son supérieur, le Général Munro, qui lui apporte un sarcophage fait femme en guise d’improbable fiancée – la bien nommée Major Icebob – pour l’aider à « sauver le monde », un prêtre maladroit et son grand dadet d’acolyte trouillard, un animateur radio hystérique(Ruby Rod)  et sa robe moulante peau de léopard, le harcèlement constant de sa mère, et une petite rouquine analphabète et mal fagotée (certes très belle, mais mal fagotée), on se demande comme il sauve le monde une fois encore, notre vieux Bruce !

Bon, heureusement, la rousse se bat bien.

Mais tout de même, ça reste un miracle.

Un miracle parce que, bon, c’est Bruce, hein, quand même.

La moralité de l’histoire ?

Choisissez intelligemment de qui vous souhaitez vous entourer. Dans les périodes d’emmerdes du type invasion de Mangalores, ça peut être utile, voire vital.

Choisissez également qui vous sollicitez pour de l’aide, et pour quel type d’aide, et dans quel but. Il est bien marrant, le Baby Jay, mais d’une il n’est pas d’une grande aide dans la situation donnée et face à la demande précise de Corben. Pire : sa « réponse »  – son geste – aurait pu engendrer un désastre (heureusement, Corben est trop fort).

Parfois, de très bons amis, peut-être adorables, peut-être ultra-compétents dans tel ou tel domaine précis, ne sont pas les bonnes personnes à solliciter pour telle forme d’aide, ou d’avis, ou de conseil, ou dans telle situation.

Une personne pleine de compassion ne sera pas toujours celle qui vous boostera le plus face aux obstacles. Une personne boostante ne vous offrira pas toujours de façon subtile de la compassion lors des moments de blues rencontrés devant les murs de ces mêmes obstacles. Un magicien de l’informatique ne sera pas forcément le plus grand fan de votre livre sur Proust – et donc pas forcément non plus le plus à même de vous dire à quel point ce putain de livre est bon, quand vous essuyez, à la sortie dudit livre, des critiques acerbes et un gros flop. De même, un ami fauché (ou radin) ne répondra que rarement présent quand vous lancez votre projet en financement participatif. Etc. Vous pigez ce que je tente de dire ?

Vous vous épargnerez, en plus de vos emmerdes, de grosses déceptions et, à vos amitiés, de grosses cassures.

A retenir, donc, dans votre calepin :

Ne demandez pas à un musicien sourd de vous aider efficacement au cours d’une bataille contre des mercenaires hideux – demandez de l’aide au bon Bruce.

 


 

9. La « stratégie Rocky » :

Quand vous avez un but, un rêve… Croyez-y, battez-vous, foncez !

Et si vous pensez que le combat est un combat perdu d’avance, vous avez deux solutions:

  • – Ne pas combattre.
  • – « Tenir sur la durée » (« going the distance ») : Alors que Rocky pense ne pas pouvoir, dans le premier volet, l’emporter contre le champion en titre, fort bien surnommé L’As du Désastre, il se dit qu’il tachera de tenir 15 rounds, ce sera déjà ça

Faites ça, dans les tornades d’emmerdes, dans les difficultés : tenez bon. Sur la durée. Sur la distance. Tenez bon un jour – juste une journée. Faites un pas – un pas, simplement. Et vous verrez que vous marchez, pas après pas, et que, jour après jour, le temps passe et que la situation, un jour ou l’autre, sera dépassée.

Vous terrasserez l’As du Désastre. Ou au moins, vous aurez encaissé. Appris. Grandi. Et avancé.

C’est ça qui compte. La valeur du combat – pas la victoire supposée selon les critères des parieurs autour. Avancez !


 

10. La « Stratégie de la vie selon Dwayne » :

Little Miss Sunshine, c’est le film du triomphe du ratage. C’est l’un des films les plus boostants et les plus attachants que le cinéma américain de ces deux dernières décades a produit. Si vous n’avez pas le moral, que tout autour de vous s’effondre, que vous vous sentez minable et que les échecs s’accumulent c’est sans conteste LE film à regarder.

Et l’une des scènes clé de ce film (avec l’inoubliable danse finale), c’est quand l’oncle Frank, un écrivain rétamé par un pédant, et sur le plan professionnel, et sur le plan sentimental, et le neveu Dwayne, un jeune garçon dont le rêve était d’être pilote de chasse, et qui vient d’apprendre qu’il est daltonien, se retrouvent seuls, dans le presque silence, en marge de l’agitation du concours de beauté « Little Miss Sunshine » (concours auquel la petite sœur de Dwayne, une adorable et merveilleuse petite rondouillarde à grosses lunettes – c’est foiré d’avance – participe).

Ces deux êtres en échec, propulsés chacun dans une forme de questionnement existentiel et d’errance, se retrouvent sur un promontoire, et là, Dwayne, sorti de son mutisme, lance à son oncle :

You know what? Fuck beauty contests. Life is one fucking beauty contest after another. School, then college, then work… Fuck that. And fuck the Air Force Academy. If I want to fly, I’ll find a way to fly. You do what you love, and fuck the rest.

C’est-à-dire :

Tu sais quoi ? Merde aux concours de beauté. La vie est un putain de concours de beauté après l’autre. L’école, le lycée, après, le travail… Merde à tout ça. Et merde à l’Air Force. Si je veux voler, je trouverai le moyen de voler. Fais ce que tu aimes, et merde au reste.

Quand rien ne marche, ce n’est que d’un point de vue : celui de la société, de l’école, des parents, des voisins, de l’entourage. La vie n’est qu’une suite de concours – c’est exact. Le concours pour avoir les meilleures notes, pour se débrouiller le mieux possible, pour avoir la plus grosse voiture, les plus gros biscoteaux, le meilleur poste. Réussir ses études. Réussir ses enfants. Réussir sa vie de parents. Sa carrière. Son look. Son mariage.

Face à cette suite de concours, et à tout ce qui, selon les normes de X, les attentes d’Y, la demande pressante de Z, vous met en échec, en mauvaise position, en posture de « raté(e) », tout cela au milieu d’un flot de problèmes que vous ne parvenez plus à gérer, au point d’être au bord d’un pétage de plombs – ou pire, d’une détestation de vous-même – vous savez quoi ?

Faites ce que vous aimez. Simplement ce que vous aimez.

Descendez la pression – y compris de vous-même sur vous-même.

Aimez votre vie telle qu’elle est, et aimez-vous tel(le) que vous êtes. Et merde au reste !

On s’en fout, des « concours de beauté ».


 

Et pour finir, ce qui peut accompagner tout cela : dans la folie des Temps Modernes, de leur course folle, de leur déshumanisation, de leurs chaînes, de votre propre course pour courir plus vite et de vos propres chutes et de vos combats :

Ne perdez jamais – JAMAIS – votre dimension humaine.

Votre humanité.

Jamais ça.

 

Auteure : Yael

 

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